Archive for octobre 2007
“L’aile ou la cuisse ?”
Le voyageur a toujours a cœur de s’imprégner de sa destination, d’y vivre et d’y sentir des choses différentes. Jusqu’à ce que les différences commencent à peser… Ainsi après un peu plus d’un mois d’expatriation gustative c’est sans peine que j’en arriverais à rêver d’un vrai café sans lait, un café noir tel que n’importe quel bar de village saurait le faire. Ensuite je pourrais (rêve oblige) passer grignoter quelques macarons à Montmorillon et aller dans la seconde les comparer à ceux de la maison Ladurée, si tant est que des perfections soient comparables. Sans oublier de faire un petit tour par une pâtisserie de Montmartre y déguster quelques meringues et autres divines viennoiseries. Voilà qu’il est déjà midi, la journée rêvée sera courte, mais tout est prévu. Avec de la chance j’aurais peut-être le temps d’allumer une télé et voir une émission culinaire où on se contente de 3 cuillères à soupe d’huile par plat. En attendant, la dernière fournée du boulanger vient d’arriver. Une vraie baguette, voilà ce qu’il me manquait. La caricature du français à la baguette en deviendrait presque compréhensible. Pas le temps d‘y penser, il ne faudrait pas que je me réveille sans être rassasié. Il faut que je rentre dans un vrai restaurant, avec une vraie carte et où on vous sert de vrais plats. Les tapas c’est le purgatoire culinaire, on nous demande de nous contenter de ce qui pour nous Européens du nord ne serait que de l’apéro, et puis, plus rien, ou si peu. Finalement la seule chose que j’aurais retrouvé à l’identique ici c’est le Mc Do. Fucking world.
2 comments 14 octobre 2007
Salsa
Il y a des spectacles qu’on est toujours surpris de pouvoir admirer. Dans le labyrinthe de la ville on me mène dans un de ces nombreux bars de nuit où l’on vient faire en sorte que la nuit passe plus vite. On descend quelques marches, la musique nous emplit les oreilles, on y est. Mais très vite tout paraît différent, la musique, les gens, les regards. On ne vient pas ici se noyer dans le rythme lancinant des caissons de basses jusqu’à se rendre sourd, ici on danse la salsa… et on la danse bien.
De suite, on est subjugué par la maîtrise parfaite de tous et l’harmonie qui s’en dégage. Et puis une autre forme d’étonnement prend la place. On se trouve face à des personnes anonymes, d’horizons divers, qui se retrouvent littéralement sublimées sous nos yeux. On aurait presque peur de les gêner, nous incultes et curieux, face à cette entente parfaite qui les unit. Bien sûr, presque tous se connaissent à force de se côtoyer, mais l’inconnu est toujours le bienvenu si il est envoyé par l’amie en commun: la salsa. Ainsi, en quelques secondes, deux personnes s’unissent pour ne faire qu’un, et les sourires qui se forment sur les visages en disent long sur la satisfaction éprouvée à la création de ce nouvel être. Les corps devancent les notes, accueillent les mouvements de l’autre, les mains jouent, se frôlent, en deviennent vaporeuses. Si le paradis existe, ce lieu en est l’antichambre, et ils en sont les maîtres. Ils semblent être là pour tout oublier, au moins pour un moment, conscients que quand le soleil se lèvera rien n’aura vraiment changé dehors. Peu importe, ils vivent intensément cette nuit, leur nuit. Demain ils y repenseront, au cours d’un repas de famille trop long ou guettant d’un œil distrait l’écran de télévision. Cette nuit, pendant que d’autres dormaient, eux, auront vécus.
Add comment 8 octobre 2007