Salsa
8 octobre 2007
Il y a des spectacles qu’on est toujours surpris de pouvoir admirer. Dans le labyrinthe de la ville on me mène dans un de ces nombreux bars de nuit où l’on vient faire en sorte que la nuit passe plus vite. On descend quelques marches, la musique nous emplit les oreilles, on y est. Mais très vite tout paraît différent, la musique, les gens, les regards. On ne vient pas ici se noyer dans le rythme lancinant des caissons de basses jusqu’à se rendre sourd, ici on danse la salsa… et on la danse bien.
De suite, on est subjugué par la maîtrise parfaite de tous et l’harmonie qui s’en dégage. Et puis une autre forme d’étonnement prend la place. On se trouve face à des personnes anonymes, d’horizons divers, qui se retrouvent littéralement sublimées sous nos yeux. On aurait presque peur de les gêner, nous incultes et curieux, face à cette entente parfaite qui les unit. Bien sûr, presque tous se connaissent à force de se côtoyer, mais l’inconnu est toujours le bienvenu si il est envoyé par l’amie en commun: la salsa. Ainsi, en quelques secondes, deux personnes s’unissent pour ne faire qu’un, et les sourires qui se forment sur les visages en disent long sur la satisfaction éprouvée à la création de ce nouvel être. Les corps devancent les notes, accueillent les mouvements de l’autre, les mains jouent, se frôlent, en deviennent vaporeuses. Si le paradis existe, ce lieu en est l’antichambre, et ils en sont les maîtres. Ils semblent être là pour tout oublier, au moins pour un moment, conscients que quand le soleil se lèvera rien n’aura vraiment changé dehors. Peu importe, ils vivent intensément cette nuit, leur nuit. Demain ils y repenseront, au cours d’un repas de famille trop long ou guettant d’un œil distrait l’écran de télévision. Cette nuit, pendant que d’autres dormaient, eux, auront vécus.
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