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¿ Por dónde está Bohonal ?

Bohonal

A Maïté.

On se dirige vers une inconnue. Inutile de se presser, elle sera là, même si le rendez-vous fut pris sans un mot. On avance peu à peu, on laisse le temps filer, presque plus rien n’a d’importance. On part vers le sud, dans le rétroviseur diminuent peu à peu les tours de fer de la ville. Pour ce rendez-vous nous savons peu de choses, un lieu: Extrémadure, un nom: Bohonal de Ibor. Seule celle qui nous conduit sait vers quoi nous allons. Elle nous a promis quelque chose de bien, nous aurons meilleur encore.
Enfin arrivé, nous savourons les derniers rayons de soleil de la journée comme si nous avions vécu une nuit trop longue. D’abord on est conquis par ce terrain qui offre tant de beautés, et puis tout est différent ici. D’ailleurs, nous aurons pendant ces quelques jours à Bohonal de Ibor l’impression de vivre dans un autre monde, un monde mis sur pause lors d’un moment parfait. Impression rendue encore plus étrange par le malaise ressentie à traverser ces rues désertes parsemées de maisons abandonnées. Certains semblent être parti sans attendre. Pour la rigueur de l’hiver, le manque d’eau l’été ou peut-être pour l’argent, simplement. Ils paraissent être partis vite, assez vite en tout cas pour ne pas tenter de se retourner. Un “Se vende” suivi d’un numéro peint à même les murs comme unique trace de leur passage. Quant aux rares habitants que l’on rencontre, ils se font muets à notre passage, se comportant comme les gardiens d’un lieu dont les secrets seraient devenus les leurs. On apprendra que c’est pourtant dans ces mêmes rues que l’été une autre vie prend forme lors de longues nuits de fêtes. On aimerait être là pour capter le moment où les deux vies de ce monde se fondent entre elles, se passent le relais. Et puis un doute: combien d’étés encore les jeunes reviendront-ils ici ?
A la fin de ce séjour une seule chose de sûre: les plus citadins d’entre nous auront succombé, les autres seront restés subjugués.
Voilà l’heure du départ. Demain, la ville, le travail, la fatigue. Les oliviers succèdent aux orangers, de plus en plus vite. La pluie battante et la radio peinent à combler notre silence. Bientôt au loin se profileront les barres grises de la ville.
Il ne doit y avoir de larmes que pour les adieux, aujourd’hui ce ne sera qu’un au revoir.

7 comments 2 mars 2008


 

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