¿ Por dónde está Bohonal ?

2 mars 2008

Bohonal

A Maïté.

On se dirige vers une inconnue. Inutile de se presser, elle sera là, même si le rendez-vous fut pris sans un mot. On avance peu à peu, on laisse le temps filer, presque plus rien n’a d’importance. On part vers le sud, dans le rétroviseur diminuent peu à peu les tours de fer de la ville. Pour ce rendez-vous nous savons peu de choses, un lieu: Extrémadure, un nom: Bohonal de Ibor. Seule celle qui nous conduit sait vers quoi nous allons. Elle nous a promis quelque chose de bien, nous aurons meilleur encore.
Enfin arrivé, nous savourons les derniers rayons de soleil de la journée comme si nous avions vécu une nuit trop longue. D’abord on est conquis par ce terrain qui offre tant de beautés, et puis tout est différent ici. D’ailleurs, nous aurons pendant ces quelques jours à Bohonal de Ibor l’impression de vivre dans un autre monde, un monde mis sur pause lors d’un moment parfait. Impression rendue encore plus étrange par le malaise ressentie à traverser ces rues désertes parsemées de maisons abandonnées. Certains semblent être parti sans attendre. Pour la rigueur de l’hiver, le manque d’eau l’été ou peut-être pour l’argent, simplement. Ils paraissent être partis vite, assez vite en tout cas pour ne pas tenter de se retourner. Un “Se vende” suivi d’un numéro peint à même les murs comme unique trace de leur passage. Quant aux rares habitants que l’on rencontre, ils se font muets à notre passage, se comportant comme les gardiens d’un lieu dont les secrets seraient devenus les leurs. On apprendra que c’est pourtant dans ces mêmes rues que l’été une autre vie prend forme lors de longues nuits de fêtes. On aimerait être là pour capter le moment où les deux vies de ce monde se fondent entre elles, se passent le relais. Et puis un doute: combien d’étés encore les jeunes reviendront-ils ici ?
A la fin de ce séjour une seule chose de sûre: les plus citadins d’entre nous auront succombé, les autres seront restés subjugués.
Voilà l’heure du départ. Demain, la ville, le travail, la fatigue. Les oliviers succèdent aux orangers, de plus en plus vite. La pluie battante et la radio peinent à combler notre silence. Bientôt au loin se profileront les barres grises de la ville.
Il ne doit y avoir de larmes que pour les adieux, aujourd’hui ce ne sera qu’un au revoir.

Entry Filed under: Et eux, Nombril. .

7 Comments Add your own

  • 1. Bouli  |  4 mars 2008 at 12:50

    Cet article donne envie de prendre l’avion et te rejoindre pour aller voir cet endroit :)

  • 2. davidbrat  |  4 mars 2008 at 12:15

    Just do it. :P

  • 3. Bouli  |  5 mars 2008 at 11:56

    I wish I could my dear friend ! (2e essai … lol)

  • 4. BRECHARD  |  22 août 2008 at 9:06

    Etant marié avec une bohonala, je connais bien ce village.
    Pour avoir une idée de l’été là bas je vous propose ce lien

    http://www.extremaduravista.org/web/ficha_vista.php?id_loc=98

    C’est vrai que l’été est animé surtout la nuit. ce village est un dépaysement total, bien qu’en 20 ans, cela a beaucoup changé

  • 5. Letizia  |  15 septembre 2008 at 6:32

    Tout d’abord, ton article est vraiment magnifique . Bravo !
    Et puis, pour poursuivre, je suis une bohonala par descendance on va dire . Mes grands-parents vivent là-bas, et tous mes étés je les passent au village . Bohonal est vraiment le paradis sur terre, certains diront que c’est exagéré mais je pense vraiment ce que je dis . Les nuits d’étés sont très animés et chaleureuses .
    Je n’ai jamais connue Bohonal l’hiver, mais, si Dios quiere, cette année je pourrais fêter Noël là-bas . Je vais redécouvrir mon village .
    Bisous .

  • 6. jean noel  |  19 septembre 2008 at 11:03

    l’hiver c’est différent. Il faut aller ramasser les olives, c’est sympa. Par contre quand le vent se lève, je vous garantie que ça caille

  • 7. Cricri  |  16 janvier 2009 at 9:16

    Je connais ce village et j’y vais chaque été!

Leave a Comment

Required

Required, hidden

Some HTML allowed:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <pre> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


 

mars 2008
L Ma Me J V S D
« jan   avr »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Billets récents