…et devenez astronaute !

En guise de suite de réflexion à mon précédent article je vous propose un excellentissime et très juste court-métrage de Pierrick Servais:

D’autres oeuvres sur son site.
Merci à Mel pour la découverte. ; )

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30 avril 2008 at 9:51 1 commentaire

Rêvez

Encore deux mois. Ou comme penserait les pessimistes: plus que deux mois. Encore deux mois donc. Dix semaines pour finir de réaliser la chance offerte, la chance qu’on aura réussi à arracher des mains du destin malgré les doutes et l’inconnu. On aura appris à voir plus loin, penser mieux et plus, relativiser et prendre du recul. Et puis changer de rythme, de repères, apprendre à vivre différemment tout simplement. Changer de langue surtout, même si on ne sera pas tous devenu des cracks en Espagnol (je sais de quoi je parle ^^’).
En tout cas, de l’aveu de tous cela aura été une illusion devenue réalité, presque un conte de fée, y en a même qu’aurait croisé des princes. En bref, une autre brique dans le mur de nos limites. Piqué par l’envie, drogué au voyage et nourri au rêve simple. Plein d’une sensation d’accomplissement combien d’entre nous retourneront définitivement à une vie sédentaire ? Et après, pour supporter, créer son monde le dos tourné au Monde. Parce que oui, il paraît qu’il faut arrêter de rêver. Même à contre-coeur ?

26 avril 2008 at 9:37 2 commentaires

Pour quelques secondes de plus

depart

Il est encore tôt quand je descends dans la rue. Les passants sont rares et se détachent sur le paysage urbain. Dans quelques heures de ces passants singuliers il ne restera plus qu’une foule impersonnelle. Pour l’instant, ils sont uniques. 07h55, 5°. Trop froid pour se promener, trop tard pour embaucher. Il me vient l’envie de connaître l’histoire de chacun, savoir vers quoi ou qui ils vont. Peut-être parce que moi aussi je pars vivre une histoire, une histoire de tous les jours. Ce matin, ce sera celle d’un au revoir.
Hier, le sommeil n’est pas venu aussi facilement, quelque chose s’est rompu. La vie s’arrête, change de forme, puis doit reprendre. Nécessité de ne rien oublier, mais aussi de réinventer. Continuer sans l’autre, le nouveau, l’inconnu d’il y a peu qu’on aurait voulu connaître plus, surtout maintenant. Aujourd’hui elle part, un peu, pour plusieurs jours, quelques semaines. Elle reviendra certainement lorsque les souvenirs s’embrumeront et ne suffiront plus à la soulager. A l’instar des miens, déjà.
L’inévitable approchant, les larmes sont montées, discrètement, puis se sont cachées, honteuses. Gênées qu’elles étaient de gâcher ces moments, derniers pour un moment. Et alors que tout s’accélère, on voudrait rattraper le temps qu’on a laissé filer, conter l’histoire laissée de côté, puis les mots refoulés. Tout a plus d’importance à présent et on prend le temps de ne rien oublier. Ce sont ces moments qu’on oubliera le moins, un peu de nostalgie dans les souvenirs comme un remède pour les jours de pire. Et maintenant, attendre ?

25 mars 2008 at 6:27 Laisser un commentaire

¿ Por dónde está Bohonal ?

Bohonal

A Maïté.

On se dirige vers une inconnue. Inutile de se presser, elle sera là, même si le rendez-vous fut pris sans un mot. On avance peu à peu, on laisse le temps filer, presque plus rien n’a d’importance. On part vers le sud, dans le rétroviseur diminuent peu à peu les tours de fer de la ville. Pour ce rendez-vous nous savons peu de choses, un lieu: Extrémadure, un nom: Bohonal de Ibor. Seule celle qui nous conduit sait vers quoi nous allons. Elle nous a promis quelque chose de bien, nous aurons meilleur encore.
Enfin arrivé, nous savourons les derniers rayons de soleil de la journée comme si nous avions vécu une nuit trop longue. D’abord on est conquis par ce terrain qui offre tant de beautés, et puis tout est différent ici. D’ailleurs, nous aurons pendant ces quelques jours à Bohonal de Ibor l’impression de vivre dans un autre monde, un monde mis sur pause lors d’un moment parfait. Impression rendue encore plus étrange par le malaise ressentie à traverser ces rues désertes parsemées de maisons abandonnées. Certains semblent être parti sans attendre. Pour la rigueur de l’hiver, le manque d’eau l’été ou peut-être pour l’argent, simplement. Ils paraissent être partis vite, assez vite en tout cas pour ne pas tenter de se retourner. Un « Se vende » suivi d’un numéro peint à même les murs comme unique trace de leur passage. Quant aux rares habitants que l’on rencontre, ils se font muets à notre passage, se comportant comme les gardiens d’un lieu dont les secrets seraient devenus les leurs. On apprendra que c’est pourtant dans ces mêmes rues que l’été une autre vie prend forme lors de longues nuits de fêtes. On aimerait être là pour capter le moment où les deux vies de ce monde se fondent entre elles, se passent le relais. Et puis un doute: combien d’étés encore les jeunes reviendront-ils ici ?
A la fin de ce séjour une seule chose de sûre: les plus citadins d’entre nous auront succombé, les autres seront restés subjugués.
Voilà l’heure du départ. Demain, la ville, le travail, la fatigue. Les oliviers succèdent aux orangers, de plus en plus vite. La pluie battante et la radio peinent à combler notre silence. Bientôt au loin se profileront les barres grises de la ville.
Il ne doit y avoir de larmes que pour les adieux, aujourd’hui ce ne sera qu’un au revoir.

2 mars 2008 at 9:53 7 commentaires

L’entracte

… touche à sa fin. Time to volver. Temps de remonter sur scène. Retourner travailler quoi. S’amuser aussi.
Les coulisses _familiales_ c’est l’occasion de souffler, de se retrouver, soi et les autres. Chacun aura (re)trouvé sa loge, l’endroit tranquille, protecteur mais parfois frustrant, car plus ou moins vite sera revenu l’envie de se réaccomplir, sur scène, sous la lumière. C’est là que les choses ont un sens, que l’on avance. Pas d’illusion, dans les coulisses on n’est rien. La scène comme passage obligé pour se révéler, accoucher de soi, jouer un rôle, ou pas.
Enfin, exister.

3 janvier 2008 at 2:27 Laisser un commentaire

« L’aile ou la cuisse ? »

Le voyageur a toujours a cœur de s’imprégner de sa destination, d’y vivre et d’y sentir des choses différentes. Jusqu’à ce que les différences commencent à peser… Ainsi après un peu plus d’un mois d’expatriation gustative c’est sans peine que j’en arriverais à rêver d’un vrai café sans lait, un café noir tel que n’importe quel bar de village saurait le faire. Ensuite je pourrais (rêve oblige) passer grignoter quelques macarons à Montmorillon et aller dans la seconde les comparer à ceux de la maison Ladurée, si tant est que des perfections soient comparables. Sans oublier de faire un petit tour par une pâtisserie de Montmartre y déguster quelques meringues et autres divines viennoiseries. Voilà qu’il est déjà midi, la journée rêvée sera courte, mais tout est prévu. Avec de la chance j’aurais peut-être le temps d’allumer une télé et voir une émission culinaire où on se contente de 3 cuillères à soupe d’huile par plat. En attendant, la dernière fournée du boulanger vient d’arriver. Une vraie baguette, voilà ce qu’il me manquait. La caricature du français à la baguette en deviendrait presque compréhensible. Pas le temps d‘y penser, il ne faudrait pas que je me réveille sans être rassasié. Il faut que je rentre dans un vrai restaurant, avec une vraie carte et où on vous sert de vrais plats. Les tapas c’est le purgatoire culinaire, on nous demande de nous contenter de ce qui pour nous Européens du nord ne serait que de l’apéro, et puis, plus rien, ou si peu. Finalement la seule chose que j’aurais retrouvé à l’identique ici c’est le Mc Do. Fucking world.

14 octobre 2007 at 8:45 2 commentaires

Salsa

Il y a des spectacles qu’on est toujours surpris de pouvoir admirer. Dans le labyrinthe de la ville on me mène dans un de ces nombreux bars de nuit où l’on vient faire en sorte que la nuit passe plus vite. On descend quelques marches, la musique nous emplit les oreilles, on y est. Mais très vite tout paraît différent, la musique, les gens, les regards. On ne vient pas ici se noyer dans le rythme lancinant des caissons de basses jusqu’à se rendre sourd, ici on danse la salsa… et on la danse bien.
De suite, on est subjugué par la maîtrise parfaite de tous et l’harmonie qui s’en dégage. Et puis une autre forme d’étonnement prend la place. On se trouve face à des personnes anonymes, d’horizons divers, qui se retrouvent littéralement sublimées sous nos yeux. On aurait presque peur de les gêner, nous incultes et curieux, face à cette entente parfaite qui les unit. Bien sûr, presque tous se connaissent à force de se côtoyer, mais l’inconnu est toujours le bienvenu si il est envoyé par l’amie en commun: la salsa. Ainsi, en quelques secondes, deux personnes s’unissent pour ne faire qu’un, et les sourires qui se forment sur les visages en disent long sur la satisfaction éprouvée à la création de ce nouvel être. Les corps devancent les notes, accueillent les mouvements de l’autre, les mains jouent, se frôlent, en deviennent vaporeuses. Si le paradis existe, ce lieu en est l’antichambre, et ils en sont les maîtres. Ils semblent être là pour tout oublier, au moins pour un moment, conscients que quand le soleil se lèvera rien n’aura vraiment changé dehors. Peu importe, ils vivent intensément cette nuit, leur nuit. Demain ils y repenseront, au cours d’un repas de famille trop long ou guettant d’un œil distrait l’écran de télévision. Cette nuit, pendant que d’autres dormaient, eux, auront vécus.

8 octobre 2007 at 1:57 Laisser un commentaire

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